Une transition difficile entre l’ère industrielle et l’ère des données

C’est alors que j’ai commencé à effleurer les premières problématiques induites par la transition entre deux époques. J’ai contribué pendant quelques années à cette amélioration continue de la désorganisation, incluant la commercialisation et la préparation d’installation de systèmes d’information à travers le monde (ERP, PLM, GPAO, CRM…). Cela représente des centaines de millions d’euros dépensées pour agrandir les silos entre les départements, la fragmentation des données et la rigidité des structures !

Quelques années plus tard, j’ai poursuivi mon évolution au sein de ce labyrinthe de la désorganisation. Comme tout bon élève, je me suis orienté vers les méthodologies existantes et en vigueur depuis bientôt plus d’un siècle pour l’amélioration de l’organisation du travail. J’ai poursuivi en enseignant dans de grandes écoles et en appliquant au sein d’entreprises pionnières dans leurs domaines, des méthodologies rigoureuses qui ont fait leur preuve et qui ont contribué au succès de l’ère industrielle. On peut citer, entre autres, les méthodes Lean, le Six Sigma, TQM : elles représentent un ensemble de méthodes et d’outils qui prônent la performance, popularisées et mesurées ces dix dernières années par des statistiques avancées comme les indicateurs de performance. Force est de constater que malgré des analyses poussées, ces méthodes et outils n’ont jamais fait l’unanimité au sein des organisations.

Oui pour l’innovation, Non pour le travail collaboratif !

Ces dix dernières années, l’Europe s’est alertée face à l’ouverture des marchés à l’international (avantage concurrentiel, optimisation des coûts, réduction des délais…). Elle a mis en place des aides aux entreprises. Elles leur permettent d’innover et de se différencier. J’ai pu ainsi participer à différents projets d’innovation, avec des méthodologies de résolution de problèmes et de partage de connaissance très efficaces telles que TRIZ. Cependant le problème de fond subsistait malgré des systèmes d’information de plus en plus structurés, des méthodologies de résolution de problèmes et une gestion de la qualité de plus en plus adaptée. Les entreprises continuaient à subir les silos entre les départements, les cycles de décision trop longs et le manque d’informations pertinentes. J’ai de ce fait rencontré des départements R&D, des bureaux d’études et des directions techniques complètement esseulés, malgré des dizaines de concepts de solutions existants.

Ils avaient pour indicateurs de mesure des notions abstraites du marketing (effet wow, new design, user expérience…) de la performance pour l’un de la contre-performance pour un autre département malgré la volonté commune de satisfaire le consommateur. L’organisation classique est noyée dans la bureaucratie avec les formulaires, les processus informatisés, les règlements, les procédures, le contrôle, l’audit, les comités, le reporting et les indicateurs de performance.

L’avènement du numérique et la conduite du changement pour nos organisations.

Ces dernières années, avec l’avènement du numérique et des objets connectés, de plus en plus d’organisations et d’entreprises abordent le thème de l’agilité, du travail collaboratif, ou encore de la conduite du changement. Avec des cycles de vie des produits et services qui deviennent de plus en plus courts, la multiplication des partenaires et des comportements d’achat du consommateur de plus en plus aléatoires, les entreprises prennent désormais conscience de l’importance du changement. J’ai ainsi moi-même élaboré avec un ancien camarade de promotion Thibaut Bourgon une approche systémique orientée sur le retour sur investissement afin de permettre aux entreprises d’articuler des attributs numériques ou non numérique au service de la génération de valeur en optimisant pour chaque les efforts investis. Cette méthodologie permet d’harmoniser son organisation et d’animer les communautés internes et externes afin d’être toujours plus proche du consommateur final sur la base d’une philosophie LEAN grâce aux développement de nouvelle plateforme personnalisée, développée sur internet que l’on aide à retranscrire sous forme de processus d’affaire afin de permettre un pilotage de la performance en temps toujours plus réactif.

Une inclusion au cœur de la transformation numérique mais malheureusement l’efficience recherchée est le plus souvent biaisée par les indicateurs. De plus, l’évaluation de la performance qualitative ou quantitative reste discrétionnaire et cette appréciation libre pose le risque de décisions inadéquates. Rarement l’indicateur est confronté avec l’adéquation de l’attribut, le cliché de l’indicateur ne dit rien à propos de la (contre-) performance de l’attribut. C’est le système de l’attribut qui se trouve en cause dans le processus entre l’objet et son utilisateur. Les séquences du public jusqu’aux leviers de la rentabilité sont traitées par le diagnostic d’optimisation du RSI. Ce diagnostic doit aboutir à l’adéquation des attributs et la génération de valeur. Cette adéquation rend les ressources efficientes afin d’améliorer le rendement de l’organisation.

Cependant, malgré le fait que d’un côté l’avènement du numérique permet une meilleure agilité informationnelle, la création de nouveau univers et une maximisation des ressources en temps réel à court terme, d’un autre côté, il fait apparaître d’autres problématiques pour notre civilisation telles que la sécurité des données, les limites des réglementations actuelles selon le contexte et la génération de valeur sur le long terme.

Dans ma quête de savoir autour de la notion de donnée et l’adéquation avec la valeur, j’ai eu la chance de consulter des travaux pluridisciplinaires. Par exemple, les travaux d’Isaac Getz permettent d’approcher le concept d’entreprise libérée qui ouvre le débat sur l’auto régulation et la génération de valeur par la communautarisation. Des analyses telles que celle proposées par Henry Peyret sur la Consommation par les valeurs pour une économie de la confiance ou encore les travaux ou de Peter Benson sur plan les normalisations qui travaillent sur la problématique de régulation, de partage et les enjeux pour une nouvelle économie de partage.

Une intelligence collaborative et le retour à la transmission de savoir pour une vision plus pérenne comme seule alternative à la nouvelle ère des données

A l’heure du BIG Data, du Neuromarketing, de l’Open Data et de l’ubérisation. Les entreprises, les gouvernements, les consommateurs et les citoyens se posent de réelles questions. Comment permettre ainsi aux différentes communautarisations internes et externes d’échanger des données, des transactions en temps réel et en toute transparence avec un contexte et des exigences fixées par des experts ? quel enjeu entre les publics des entreprises et des institutions ? Comment gérer cette période de transition, aligner et responsabiliser différentes communautés selon l’objectif.

Les enjeux sont multiples, pluridisciplinaires (écologique, juridique, économique, philosophique, technologique) et à différents niveaux systémiques dans l’espace et dans le temps. Une nouvelle philosophie pour notre civilisation s’impose pour s’adapter à un nouveau challenge digne d’un blug buster américain mais qui risque fortement de poser des réelles questions de fond pour nos modes de vie et les fondements des sociétés dirigées jusqu’à lors sur des principes théologiques. L’humanité à l’heure de la donnée, la donnée au service d’organisation, de la science, de la génération de valeur et de la transmission de savoir ou la donnée au service de la consommation, de la technologie et la rétention de valeur organisée, privatisée. Une situation controversée avec des enjeux systémiques contextuelle pour favoriser la transmission de savoir, l’économie de partage à travers des échanges de données, de nouvelles réglementations auto régulée par des communautarisations et permette aux organisations de se libérer des contraintes pour générer toujours plus de valeur. N’est-ce là qu’une utopie d’un monde meilleur ou la survie de notre civilisation qui passe par l’éveil, la responsabilisation et le développement d’une nouvelle intelligence collaborative permettant une économie de partage régulée par communauté selon les contextes avec des réflexions et une vision sur le long terme.